REPUBLIQUE DU TCHAD              UNITE-TRAVAIL-PROGRES

      COUR SUPREME

CHAMBRE DES COMPTES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RAPPORT D’AUDIT DES DEPENSES ENGAGEES SUR LE BUDGET ADDITIONNEL

 

(15 Mai 2001 – 15 Mai 2002)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                             N’Djamena, Août 2002

 

SOMMAIRE

 

 

 

Introduction                                                                           Page 2

 

Ministère de la Santé Publique                                                       3

 

Ministère de I’Elevage                                                                   8

 

Ministère des Travaux Publics, Habitat et Urbanisme                  10

 

Ministère des affaires Sociales et de la famille                            12

 

Ministère de l’Agriculture                                                            15

 

Ministère de l’Environnement et de l’Eau                                     18

 

Conseil Constitutionnel                                                                 20

 

Ministère de la Justice                                                                  23

 

Primature (Direction générale des Marchés Publics)                    26

 

Ministère de l’Education Nationale                                              28

 

Cour suprême                                                                                31

 

Ministère des Finances(Inspection générale des Finances)           33

 

Recommandations et Suggestions                                                  36

 

Liste des annexes                                                                          41

 

 

 

 

Conformément à la lettre N°0128/MF/SE/IGF/02 du 28 mai 2002 du Ministre des Finances (annexe n° 1), il a été demandé à la Chambre des Comptes de la Cour Suprême de procéder à un audit ayant pour but de rendre compte des dépenses engagées sur le financement du fond pour la réduction de la pauvreté. Pour ce faire, le Président de la Cour Suprême, par ordre de mission N°019/PCS/2002 du 06juin 2002, a désigné une mission composée de Messieurs Dolotan NOUDJALBAYE, Mouta Ah ZEZERTI, respectivement Président et Conseiller à la Chambre des Comptes et des assistants près ladite Chambre (annexe n°2)

 

Cet audit qui couvre la période allant du 15 mai 2001 au 15 mai 2002 examinera la conformité des procédures suivies pour engager et effectuer ces dépenses avec la législation tchadienne relative aux lois des Finances et au code des Marchés Publics.

 

Pour atteindre cet objectif général, la mission s’est appuyée sur les termes de référence pour analyser et expliciter chaque contrat et Bon de Commande Administratif (BCA). Ceci en vue de faire ressortir les irrégularités et proposer des mesures tendant à leur trouver des solutions à court et à moyen terme.

 

Selon ces termes de références, il s’agira d’analyser les éléments suivants

 

      Conformité du choix de la procédure des dépenses avec la législation tchadienne et avec les principes de base gouvernant la gestion et l’utilisation des ressources publiques

 

      Régularité des procédures suivies (disponibilité et conformité des pièces produites, conformité du circuit d’approbation...);

 

      Analyse de la qualité des évaluations effectuées par les Sous- commissions techniques d’analyse des offres pour les marchés et par le contrôle financier pour les BCA;

 

      Examen des livraisons effectuées dans le cas où la dépense engagée a été liquidée, effectuer pour un échantillon sélectionné de façon aléatoire une vérification physique des biens livrés et établir la conformité avec les spécifications du contrat.

 

Etant donné que l’audit porte sur les dépenses engagées par vote de marchés et BCA sur le budget additionnel, seuls sont concernés les départements ministériels prioritaires et institutions bénéficiaires.

 

Dans sa première partie, le rapport retracera le déroulement de l’audit (1).

 

Quant à la deuxième partie, elle sera consacrée aux recommandations et aux suggestions (Il)

 

I - DEROULEMENT DE L’AUDIT

 

Cette première partie du rapport consiste en une vérification â posteriori sur pièces en vue de s’assurer que les marchés et bons de commande administratifs, objets de l’audit, ont été passés et exécutés conformément aux dispositions des textes législatifs et réglementaires en matière d’exécution des dépenses publiques. Pour cela il sera procédé par département ministériel à

 

-                 l’analyse des procédures de passation des marchés et d’octroi des BCA;

 

-                 l’analyse des paiements effectués

 

-                 l’étude comparative des prix;

 

-                 l’examen des livraisons effectuées.

 

 

I-1 - Ministère de la Santé Publique

 

Dans le cadre du budget additionnel, des crédits dont les montants sont respectivement de 2.240.000.000 FCFA et 2.987.306.000 FCFA ont été ouverts au titre des exercices 2001 et 2002 au profit du Ministère de la Santé Publique pour couvrir des dépenses d’équipement et de fonctionnement.

 

I-1.1 - Analyse des procédures

 

Il s’agit d’examiner dans quelles conditions les marchés et Les Bons de Commandes Administratifs ont été passés.

 

1-1.1.1 - Les marché

 

Le ministère de la Santé Publique totalise dix marchés passés â ce jour.

 

La quasi-totalité

desdits marchés sont passés en appel d’offres

(consultation retreinte) après obtention des dérogations du Président de la

Commission d’Appel à la Concurrence (CAC) à l’exception des marchés n°49 et

N°49 bis attribués à AFISCO pour le suivi et l’étude du marché n°48 relatif â la

construction de l’hôpital d’Oum Hadjer.

 

Deux de ces marchés (n°38 et 40) relatifs à l’achat de médicaments et produits

pharmaceutiques

d’un montant total de 396.477.289

approbation et signatures. Par conséquent, d’appréciation à leur sujet.

F sont en circuit pour

on ne dispose pas

d’éléments

 

Les autres marchés à savoir

 

47 Minibus pour l’école de Santé                                                       43.650.000 F CFA

N°48 Construction Hôpital Oum Hadjer                                                  337.582.600 FCFA

N°50 Véhicules pour le Ministère                                                            349.700.000 PCFA

N°53 Matériels Méningo-encéphalites                                                    399.872.176 FCFA

N°54 Matériels Méningo-encéphalites                                                    199.999.999 FCFA

 

paraissent réguliers du point de vue de la procédure.

On y trouve les dérogations, les procès verbaux d’ouverture, les offres des différents soumissionnaires, les rapports des Sous-Commissions techniques, les procès verbaux d’attribution, les contrats régulièrement signés, les lettres de notification.

 

Au vu des documents administratifs produits, on constate que l’analyse de la qualité des offres semble avoir été correctement faite par la Sous Commission technique. Cependant, à l’examen des différents dossiers de soumission on relève que ladite Sous Commission n’a pas procédé à une analyse comparative des prix unitaires soit avec la mercuriale, soit avec d’autres prix de référence, soit avec des contrats similaires. Cela dénote une absence de rigueur dans la procédure de passation des marchés publics.

 

Par ailleurs, le fait que les marchés soient attribués par consultation restreinte suscite quelques interrogations quant à la volonté réelle des administrateurs des crédits et de la Direction Générale des marchés publics à se conformer aux textes en vigueur. L’on constate que l’exception tend à se substituer à la règle.

 

1-1.1.2 - Les Bons de Commande Administratifs

 

Le total des Bons de Commande Administratifs accordés aux fournisseurs s’élève à

onze (11) pour un montant de 54.0160.510 F CFA.

 

De façon générale pour les BCA la procédure a été respectée.

 

Cependant, une analyse rigoureuse et objective laisse croire que l’usage des BCA n’est qu’une astuce pour éviter les marchés. A cet égard, les BCA  n°2 et 99 illustrent à suffisance les fractionnements (annexes n°3).

 

Sur ce point, l’argument avancé d’une manière générale est celui de l’urgence liée à l’exécution de ces dépenses, afin d’éviter de tomber en exercice clos.

 

I-I .2 - Analyse des paiements

 

1-1.2.1 - Paiement des marchés

 

Le total des paiements des marchés s’élève à 858.279.431 francs CFA pour les exercices 2001 et 2002.

Les investigations menées ont permis de déceler des irrégularités graves au niveau des deux marchés et plus particulièrement du marché n°53 sur lesquelles il convient

de s’attarder.

Il est surprenant que des marchés d’un montant aussi important aient pu franchir le cap des contrôles â priori sans que les services en charge ne décèlent une quelconque anomalie. A la suite d’un contrôle déclenché par l’Inspection Générale des Finances qui a permis de mettre en exergue des surfacturations importantes, les deux marchés sus indiqués ont été suspendus. En vue de trouver une solution à l’amiable, une commission de conciliation a été mise sur pied (annexe n°4).

 

Les procès verbaux de conciliation signés par les représentants de l’Administration et ceux des deux entreprises (Espoir Taher et Eldorado) et qui ont permis le réajustement des prix n’émanent pas d’un organe approprié tel que défini par le décret 863/PR/SGG/90 du 17 novembre 1990. Le fait que le comité consultatif de règlement amiable ne soit pas opérationnel ne doit pas justifier la création de cette commission circonstancielle compte tenu de l’enjeu des deux marchés (environ 600 millions).

 

En ce qui concerne les conclusions de la commission, le compromis selon lequel les fournisseurs acceptent de concéder des remises forfaitaires respectivement de 13,5% pour le marché 53 et 13% pour le marché 54 à la condition qu’il leur soit permis de fournir du matériel en contrepartie n’obéit à aucune règle financière. De plus, la stipulation selon laquelle le procès verbal de conciliation et le devis modifié tiennent lieu d’avenant est contraire aux dispositions de l’article 24 du code des marchés publics.

 

Après la conciliation, le reliquat du marché n°53 a été soldé le 25 avril 2002. En date du 15 mai 2002 est intervenu l’arrêté n°0013/PM/CAB/2002 du Premier Ministre annulant les deux (2) marchés (annexe 5).

 

En exécution de cet arrêté, l’avance de démarrage d’un montant de 59.999.999 F a été intégralement remboursé (annexe n°6). Par contre pour le marché 53, un avis â tiers détenteur (annexe 07) d’un montant de 399.872.176 F a été émis à l’encontre du fournisseur Espoir Taher. Cet avis s’est avéré infructueux pour insuffisance d’avoirs.

 

Au titre de la formation, un chèque d’un montant de 74.300.000 F a été viré au compte 109073-01-66 SGTB / Direction Générale de la Santé Publique.

Du point de vue de la procédure, la gestion de ce compte appelle quelques remarques

 

-            l’existence de ce compte n’a pas de fondement juridique dans la mesure où aucun document n’a été produit pour prouver une quelconque autorisation du ministère des finances

 

 

 

-             la procédure de prélèvement n’obéit à aucun principe comptable et de gestion. C’est ainsi que deux (2) retraits d’un montant total de 28.370.000 FCFA ont été effectués sur ce compte et auraient servi au paiement de diverses dépenses irrégulières

 

-             Les fonds logés dans ce compte ont été utilisés à d’autres fins que celles prévues telles que le paiement des bourses à des étudiants déjà pris en charge par d’autres bailleurs (BAD)

 

1-1.2.2  - Paiement Bons de Commande Administratifs

 

Les Bons de Commandes Administratifs engagés, liquidés et ordonnancés sont payés pour un montant de 128.322.500 F.

 

1-1 .3 - Examen des livraisons effectuées

 

En vue de s’assurer de l’effectivité des livraisons sur BCA, un contrôle des magasins a été effectué par la commission en date du 27/06/2002.

 

A travers quatre procès verbaux de réception pris comme échantillon relatif aux BCA 02,01,115, et 117, la Chambre a constaté que toutes les livraisons ont été faites. Cependant il n’existe pas de bordereaux de sorties.

 

Le matériel risographe du BCA N°02 a été effectivement réceptionné au magasin et sorti pour le compte de l’Ecole de la Santé.

 

Le BCA N°01 relatif au photocopieur Zoom 2732 a été bien réceptionné et enregistré sur la fiche de stock, mais le magasinier n’arrive pas à justifier

destination (absence de fiches de sortie).

Les matériels du BCA N° 115 sont également réceptionnés mais non enregistrés sur

la fiche de stock.

 

Les bancs métalliques, objet du BCA N° 117 ont été livrés.

 

D’une manière générale, il conviendra de faire observer que

 

-             les matériels livrés ne sont parfois pas conformes à ceux commandés a titre d’exemple, des photocopieurs CANON à la place des photocopieurs ZOOM

                         une partie des commandes destinées à d’autres établissements des provinces sont réceptionnés globalement par le magasinier général. Ils sont

stockés sans être enregistrés sur une fiche. Ce qui laisse planer des doutes quant à leur destination;

 

-             la tenue de la comptabilité matière est encore manuelle mais il faut signaler

qu’un début d’informatisation est amorcé grâce â l’appui de l’Union Européenne.

 

S’agissant du marché n°53, la visite effectuée le 1er juillet 2002 a permis de constater que les articles commandés ont été en grande partie livrés.

Cependant, l’examen des pièces comptables ayant servi au paiement a révélé l’existence de deux (2) procès verbaux de réception (annexes n° 8 & 9):

 

-             le premier en date du 06 février 2002 ayant servi comme pièce justificative pour le paiement du reliquat est signé par six (6) agents dont le Directeur de Etablissements Sanitaires

 

-             le second daté du 69 avril 2002, produit par le Directeur des Etablissements Sanitaires est signé par quatre (4) fonctionnaires dont le même directeur.

 

Interrogé sur cette anomalie, le Directeur des Etablissements Sanitaires ne reconnaît avoir apposé sa signature que sur le procès verbal de réception du 09 avril 2002, c’est à dire celui en sa possession. Par contre, il ne reconnaît pas avoir signé celui du 06 février 2002.

 

Tout porte à croire que le fournisseur du marché n°53 a obtenu le paiement au vu d’un faux procès verbal de réception. En réalité, il s’agit d’une livraison fictive, puisque la livraison réelle n’a eu lieu que le 09 avril 2002, à la suite de la conciliation intervenue le 02 avril 2002.

 

Le pointage de la liste des articles livrés par la magasinière a permis de déceler plusieurs articles manquants évalués à 4.124.530 FCFA. Pour remédier à cette situation, le fournisseur a remis en guise de compensation un chèque d’un montant équivalant à la valeur des articles non livrés (annexe n°10). Ce qui constitue une entorse de plus aux règles régissant les finances publiques.

 

1-2 - Ministère de I’Elevage

 

Pour les exercices 2001 et 2002, le Ministère de l’Elevage a bénéficié respectivement de 1.250.000.000 F et 1.363.402.000 F de crédits ouverts au titre du budget additionnel.

 

1-2.1 - Analyse des procédures

 

 

1-2.1.1 - Les marchés

 

Il y a eu deux consultations restreintes pour la réalisation d’ouvrages hydrauliques.

 

Sur le plan de la procédure, les deux consultations n’ont pas reçu l’accord préalable du Président de la Commission d’Appel à la Concurrence, ce qui constitue une entorse aux dispositions de l’article 30 du code des marchés publics (CMP).

 

1-2.1.2  Les Bons de Commandes Administratifs

Au niveau des Bons de Commandes, un montant de 82.542.877 F a été engagé.

 

Toutes les procédures ont été respectées, les documents, à savoir les factures pro forma, les factures définitives et les procès verbaux de réception ont été produits. Par contre, il faut signaler qu’il y a eu beaucoup de fractionnements pour éviter les marchés. Par exemple les BCA n°55 et 56 relatifs aux manuels de l’auxiliaire d’un montant total de 19.900.000 FCFA sont livrés par un seul fournisseur. Normalement, cette dépense aurait dû faire l’objet d’un marché en bonne et due forme. Il en est de même pour les BCA 43, 58, 62 et 63 concernant les pièces détachées (annexes n° 11 à 14).

 

Enfin, le Service Administratif et Financier de la Direction Générale de l’Elevage ne maîtrise pas la situation exacte des BCA émis (09 BCA non retrouvés).

 

1-2.2   - Analyse des paiements

 

Au niveau des marchés, l’entreprise SEMOH a reçu une avance de démarrage d’un montant de 240.000.000 Francs CFA.

 

Les travaux seraient terminés et les attachements sont mis en

Cependant, il faut signaler que les attachements sont visés par un agent de

 

 

l’Elevage non habilité en lieu et place du Contrôleur désigné par la Direction de l’Hydraulique. Il y a lieu de s’interroger sur la validité des attachements et le bon suivi des travaux.

 

Quant aux Bons de Commandes Administratifs, sur les 82.542.877 FCA engagés, un montant de 61.346.818 FCFA a été payé aux différents fournisseurs.

 

1-2.3 L’examen des livraisons effectuées

 

Les investigations faites en date du 28 juin 2002 au niveau du magasin général ont porté sur cinq Bons de Commandes Administratifs à savoir:

    Le BCA      34       Portable ordinateurs
    Le BCA      35       Photocopieurs CANON
    Le BCA      43       Pièces détachées
    Le BCA      51       Matériel informatique
    Le BCA      62       Matériel informatique

 

Sur l’ensemble des BCA sus cités, les livraisons ont été effectivement faites.

 

La Chambre des Comptes a constaté qu’il n’existe pas un registre de suivi des entrées et des sorties des articles. Cette situation n’a pas permis de déterminer l’affectation exacte des matériels et fournitures commandés.

 

Pour ce qui concerne les ouvrages hydrauliques, la Chambre n’a pu vérifier 1’ effectivité des travaux exécutés du fait de l’éloignement des sites.

 

 

1-3 - Ministère des Travaux Publics

 

Le Ministère des Travaux Publics a bénéficié dans le cadre du budget additionnel d’un crédit de 2.020.000.000 F CFA pour l’exercice 2001 et de 3.115.388.000 FCFA pour celui de 2002. Une partie de ces crédits a été utilisée pour le financement de différents marchés.

 

1-3.1   - Analyse des Procédures

 

IL y a eu en 2001 deux (2) appels d’offres: la consultation restreinte n°004 et

l’appel d’offres ouvert n°011.

En 2002 un seul appel d’offres (n°02) est lancé.

Aucun BCA n’a été émis pendant la période considérée.

 

L’analyse des dossiers de la consultation retreinte N°004/MTPHU/SB/DG/DU/200l pour l’acquisition de matériels informatique et topographique pour le compte de la Direction de l’Urbanisme appelle les remarques suivantes

 

-                 l’accord préalable est donné par lettre N°213/PM/DG/DMPFS/2001 signé du Directeur Général des Marchés Publics alors que suivant l’article 30 du Code des Marchés Publics, cet accord doit émaner du Président de la Commission d’Appel à la Concurrence;

 

-                 les procès verbaux d’ouverture et d’attribution annoncent un financement de l’Union Européenne alors que le paiement a été effectué sur le budget additionnel (annexes n°15 & 16)

 

-                 l’absence du dossier de la consultation restreinte n’a pas permis d’apprécier les analyses de la Sous-Commission Technique.

 

L’appel d’offre N°011/MTPHA/SE/DG/DR/PD/2001 relatif à la réalisation d’ouvrage d’art routiers (dalots et radiers) est un appel d’offre ouvert comportant 10 lots de travaux. Il a fait l’objet d’une publication dans les journaux locaux (Le Temps et N’Djaména-Hebdo).

 

L’examen des documents a permis de constater que la procédure suivie est régulière. Le circuit d’approbation des dix (10) marchés signés est conforme pour les 10 lots.

Les analyses administratives et techniques effectuées par la Sous Commission Technique sont satisfaisantes.

 

Par contre, l’examen de l’analyse financière effectuée par la Sous-Commission technique a permis de constater que les lots n° 1, 2, 3, 4 et 8 ont été attribués à un autre que le moins disant (annexe 17).

 

Pour ce qui concerne l’appel d’offres ouvert 02/TPTHU/DR/DTE/02 lancé en

2002, le marché attribué â la SNER pour deux lots totalisant un montant de

1.278.195.665 FCFA est dans le circuit d’approbation.

 

1-3.2   - Analyse des paiements

 

Le paiement des lots n°1 à 8 a été effectué sur la base des décomptes administratifs établis à N’Djamena sans le moindre document provenant du chantier ou des services régionaux chargés du contrôle qui atteste la qualité et l’état d’avancement des travaux effectués. De plus, il manque une caution de garantie pour le lot N°5.

 

Pour l’ensemble de ces marchés, un montant total de 486.750.403 FCFA a été payé.

 

Le calcul des écarts entre l’offre attributaire et l’offre le moins disant fait apparaître un surcoût de 40.047.601 FCFA en violation du critère de l’avantage économique (annexe n° 17).

 

1-3.3   - L’examen des livraisons effectuées

 

S’agissant des marchés des constructions, les lots 1 à 8 ont été réceptionnés les il et 12 janvier 2002 soit deux (2) semaines après l’approbation des marchés (26 décembre 2001) alors que le délai d’exécution est de 3 mois pour chaque lot.

 

Les ordres de démarrage sont datés de septembre 2001, soit trois (3) mois avant l’approbation des marchés.

Tout porte à croire qu’il y a eu une exécution anticipée des travaux qui n’ont pu être vérifiés à cause de l’éloignement des sites (près de 1600 Km de N’Djaména).

 

En revanche, la Chambre des Comptes a examiné l’effectivité de l’exécution du marché n°62 relatif à la fourniture de matériels informatique, topographique et de dessin livré à la Direction de l’Urbanisme. Elle a constaté que la livraison a été régulièrement faite. Cependant il n’existe pas la tenue d’une comptabilité matière permettant de suivre les affectations réelles de ces matériels.

 

1.4 - Ministère de l’Action Sociale et de la Famille

 

Des crédits d’un montant total de 910.000.000 F pour l’exercice budgétaire 2001 et 1.343.966.000 francs CFA pour celui de 2002 ont été alloués dans le cadre du budget additionnel au Ministère de l’Action Sociale et de la Famille.

 

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